Comment les libraires strasbourgeois font face à Amazone - Rue89 Strasbourg / 27 juillet 2012

Rue89 Strasbourg / 27 juillet 2012

Comment les libraires strasbourgeois font face à Amazon ?

Difficile de savoir quelles parts de marchés Amazon et d’autres gros sites de ventes de livres sur internet, comme celui de la Fnac, ont pris aux libraires traditionnels. Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’un peu plus de 13% des ventes de livres en France étaient effectuées sur ces sites en 2011. La Direction générale des médias et des industries culturelles indique à ce propos :
 « Les ventes par internet, qui représentaient déjà (…) plus de 13 % des achats en valeur en 2010, ont poursuivi leur progression. En corollaire, le repli des ventes en magasin des grandes surfaces alimentaires et du circuit VPC/clubs s’est poursuivi, ainsi que celui des plus petites librairies – les grandes librairies et les librairies spécialisées maintenant mieux leurs positions. »

Alors qu’en est-il à Strasbourg ? Ici, les librairies ne manquent pas. Une vingtaine se partage le marché local, dont une dizaine au centre-ville (Kléber, Broglie, La Bouquinette, Oberlin…) et une dizaine dans les quartiers (Ehrengarth à Neudorf, L’Usage du monde à Cronenbourg ou Chapitre 8 dans le quartier de l’Orangerie…). Leur constat est simple : les ventes se maintiennent, aucune fermeture n’est encore à l’ordre du jour, mais la situation est préoccupante et il est urgent de bouger. Sylvie Bernabé, patronne de la librairie du Quai des Brumes, située au centre-ville, est également vice-présidente d’une toute nouvelle association baptisée ALIR (association des libraires indépendants du Rhin). Elle regroupe une trentaine de libraires de la région, bien décidés à se serrer les coudes dans la tempête.

 
Sylvie Bernabé se veut positive : « Par rapport aux sites de vente en ligne, je ne dirais pas qu’on est inquiet, même si on voit ça venir depuis une dizaine d’années. On est plutôt perplexe. On ne sait pas vraiment de quoi demain sera fait… Mais pour moi, la librairie indépendante a encore de beaux jours devant elle si elle se remet en question. Finis les libraires aux manches en feutrine ! On doit rajeunir notre image – d’ailleurs nos libraires sont jeunes – et surtout mutualiser nos moyens pour organiser des événements, accueillir des tournées d’auteurs, faire de la librairie un lieu vivant. »